Bouclier fiscal : un courrier de relance ciblĂ© “gros” contribuables fait polĂ©mique
Friday 26 October 2007Le Syndicat national unifiĂ© des impĂ´ts (Snui-FDSU) sort les griffes contre un courrier de relance qui va ĂŞtre adressĂ© aux “gros” bĂ©nĂ©ficiaires ciblĂ©s du bouclier fiscal ! Cette pratique qualifiĂ©e de “choquante” va Ă l’encontre mĂŞme du principe d’Ă©galitĂ© des contribuables face au bouclier fiscal.
Le Syndicat national unifiĂ© des impĂ´ts (Snui-FDSU) dans un communiquĂ© publiĂ© jeudi se dit choquĂ© par le projet de courrier de relance envoyĂ© Ă quelques bĂ©nĂ©ficiaires fortunĂ©s triĂ©s sur le volet. “Constatant le peu de demandes de restitution au titre du bouclier fiscal (ndrl 2 398 demandes de remboursement effectuĂ©es au 31 AoĂ»t dernier), l’administration fiscale vient de lancer un dispositif destinĂ© Ă relancer les bĂ©nĂ©ficiaires dits « potentiels » du bouclier fiscal afin de les inciter Ă demander leur Ă©ventuel remboursement” explique le communiquĂ©. Pour le SNUI, cette « offre de service » (aux fondements très Ă©loignĂ©s du service public) ciblĂ©e sur un petit nombre de contribuables est choquante Ă plusieurs titres.”
Une mesure pour tous ?
Si thĂ©oriquement, la mesure du bouclier fiscal s’adresse Ă tous les contribuables, dans la pratique seuls quelques “gros” contribuables assujetis Ă l’ISF sont rĂ©ellement concernĂ©s par des “gros” remboursements : “Lors de l’annonce du bouclier, le gouvernement d’alors avançait que la plupart de ses bĂ©nĂ©ficiaires potentiels disposaient de revenus modestes. En rĂ©alitĂ©, si les bĂ©nĂ©ficiaires ne sont pas en majoritĂ© assujettis Ă l’ImpĂ´t de solidaritĂ© sur la fortune (ISF), la proportion s’inverse radicalement dès qu’on aborde la question du montant des remboursements : une minoritĂ© de bĂ©nĂ©ficiaires potentiels (16 000 sur 93 000) du bouclier fiscal, assujettis Ă l’ISF, pourraient se voir rembourser la bagatelle de 350 millions d’euros (sur un coĂ»t global du bouclier de 400 millions d’euros). Le profil du vĂ©ritable bĂ©nĂ©ficiaire du bouclier est donc net” constate le Syndicat national unifiĂ© des impĂ´ts. “PrĂ©cisons que le bouclier Ă 50 % s’annonce plus coĂ»teux et plus ciblĂ© : 18.000 contribuables se verront rembourser 563 millions d’euros…”
Une dĂ©marche “choquante”
Le syndicat s’interroge sur le bien fondĂ© d’une relance : “On mesure tout d’abord la volontĂ© de s’adresser Ă un public particulier pour « vendre » un produit d’appel contestable.” Et le syndicat de hausser le ton : “Ă l’heure oĂą dans les services des impĂ´ts, les suppressions d’emplois se font durement ressentir, oĂą la pression n’aura jamais Ă©tĂ© aussi importante (puisque les objectifs et la charge de travail augmentent sans cesse sur fond de pĂ©nurie de moyens) et oĂą des rĂ©formes d’ampleur s’enchaĂ®nent, une telle mesure apparaĂ®t comme la goutte d’eau qui fait dĂ©border le vase. On le voit nettement, l’organisation du travail n’est pas neutre : pourquoi une telle sĂ©lection des mesures Ă promouvoir ? On ne peut valablement invoquer la dĂ©fense des intĂ©rĂŞts des contribuables en la matière : seuls 93 000 d’entre eux sont potentiellement bĂ©nĂ©ficiaires du bouclier fiscal. Pourquoi donc ne pas informer les 35 millions de foyers fiscaux des multiples mesures dont ils peuvent ĂŞtre potentiellement bĂ©nĂ©ficiaires ? Il y a lĂ une conception et un « pilotage » bien curieux du service public. (…) Il y a une frontière entre service public et prestation de service Ă un public : ce dispositif la franchit allègrement…”