Le Parlement européen a adopté en deuxiÚme lecture ce mercredi une directive visant à ouvrir le marché européen du crédit à la consommation tout en garantissant la protection des consommateurs.
La nouvelle directive sur le crĂ©dit Ă la consommation rĂ©pond Ă un double objectif : garantir un haut niveau de protection des consommateurs et lancer un processus destinĂ© Ă mettre en place un vĂ©ritable marchĂ© intĂ©rieur du crĂ©dit Ă la consommation. Pour les banques et autres institutions financiĂšres, la directive devrait faciliter les prĂȘts dans d’autres pays de l’UE. Les consommateurs pour leur part pourront choisir en toute connaissance de cause, accĂ©der Ă des produits bancaires qui ne sont pas disponibles dans leur propre pays et obtenir de meilleures conditions de prĂȘt. La directive veille Ă©galement Ă Ă©viter un endettement excessif et Ă assurer un niveau Ă©levĂ© de protection des consommateurs.
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La nouvelle lĂ©gislation devrait permettre Ă l’Ă©conomie europĂ©enne de tirer parti du marchĂ© potentiel des prĂȘts Ă la consommation estimĂ© Ă environ 800 milliards d’euros par an. Les établissements de crĂ©dit seront incitĂ©s Ă amĂ©liorer la diversification et la performance des produits mis Ă la disposition des consommateurs europĂ©ens. A l’heure actuelle, en dĂ©pit des prĂ©cĂ©dents rĂšglements de l’UE (la directive de base en la matiĂšre remonte Ă 1987), seulement 1% des prĂȘts Ă la consommation sont transfrontaliers.
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ConcrĂštement, la nouvelle directive vise Ă harmoniser les contrats de crĂ©dit Ă la consommation dans un certain nombre de domaines, comme la publicitĂ© et l’information fournie au consommateur avant la signature du contrat et au moment de sa conclusion, le calcul du coĂ»t total du crĂ©dit, l’obligation d’Ă©valuer la solvabilitĂ©, le droit de rĂ©tractation et le droit au remboursement anticipĂ©.
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La directive a Ă©tĂ© proposĂ©e par la Commission Ă l’automne 2002 et a donnĂ© lieu Ă une premiĂšre lecture par le Parlement en avril 2004. Ensuite, plus de trois annĂ©es ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour que le Conseil dĂ©gage une position commune sur la question, en septembre dernier. Un amendement de compromis a obtenu l’accord du Conseil, juste avant le vote.
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Finalement, le compromis des groupes PSE/ADLE, auquel s’est ralliĂ© le groupe PPE-DE, qui fournit une version modifiĂ©e de l’ensemble du texte de la position commune, a Ă©tĂ© approuvĂ© ce mercredi. La premiĂšre partie du compromis a Ă©tĂ© adoptĂ©e par 695 voix pour, 7 contre et 20 abstentions, la deuxiĂšme par 627 voix pour, 92 contre et 8 abstentions.
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Le rapporteur, Kurt Lechner (PPE-DE, DE), lors du dĂ©bat qui a prĂ©cĂ©dĂ© le vote, a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de concilier la protection du consommateur avec “la plus grande marge de manĆuvre possible pour le lĂ©gislateur national”. Meglena Kuneva, commissaire Ă la protection des Consommateurs, a soulignĂ© l’importance d’un texte qui mettrait fin Ă la fragmentation du marchĂ© europĂ©en du crĂ©dit “en 27 mini-marchĂ©s” pour le bĂ©nĂ©fice des entreprises et des consommateurs. L’adoption du compromis du Parlement enverrait un signal fort “montrant que l’Europe s’intĂ©resse Ă la vie des gens”.
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Seul intervenant français, Jean-Paul GauzĂšs (PPE-DE) a estimĂ© que “ce serait le comble que le Conseil apparaisse comme le meilleur protecteur des consommateurs”. Il a plaidĂ© en faveur d’un compromis “de maniĂšre Ă Ă©viter une conciliation qui serait prĂ©judiciable Ă tout le monde”. Le dĂ©putĂ© a Ă©galement insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© “d’Ă©viter les rĂ©gressions par rapport au droit national actuel”. En effet, selon lui, en France, comme en Lituanie, les consommateurs ne paient pas d’indemnitĂ©s en cas de remboursement anticipĂ©.
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Un champ d’application bien dĂ©limitĂ©
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La nouvelle lĂ©gislation permettra de couvrir les prĂȘts Ă la consommation d’un montant de 200 Ă 75000 euros et remboursables au delĂ d’un mois. La directive s’applique seulement aux contrats de crĂ©dit qui imposent des intĂ©rĂȘts. Ce qui signifie, par exemple, que les garants, comme d’autres aspects particuliers du droit des contrats, ne relĂšveront pas de ce texte. La plupart des cartes de crĂ©dit sont couvertes mais certains produits, comme les cartes Ă dĂ©bit diffĂ©rĂ©, par exemple, ne sont pas concernĂ©s. De mĂȘme, les prĂȘts hypothĂ©caires destinĂ©s Ă acquĂ©rir des terrains ou des biens immobiliers ne seront pas inclus. Ils feront lâobjet dâune directive ultĂ©rieure.
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Des consommateurs mieux informés
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Le jour oĂč la nouvelle lĂ©gislation entrera en vigueur, tous les consommateurs europĂ©ens pourront disposer des mĂȘmes informations pour choisir la meilleure offre dans leur pays ou dans un autre Etat membre de l’UE.
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La directive prĂ©voit des informations standard Ă mentionner dans la publicitĂ© concernant les informations financiĂšres relatives Ă un prĂȘt. En vue de permettre aux consommateurs de prendre des dĂ©cisions en toute connaissance de cause, les prĂȘteurs sont appelĂ©s Ă fournir des renseignements sur les taux d’intĂ©rĂȘt, sur tous les frais compris dans le coĂ»t total du crĂ©dit Ă la consommation ainsi que sur la durĂ©e du contrat.
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Les dĂ©finitions seront uniformisĂ©es Ă l’Ă©chelle de l’Union europĂ©enne et serviront par exemple de base de calcul au taux annuel effectif global (TAEG) D’autres dĂ©finitions seront normalisĂ©es, notamment en ce qui concerne les facilitĂ©s de dĂ©couvert. Mais le texte adoptĂ© par le Parlement est moins exigeant que celui de la position commune du Conseil quant Ă l’information prĂ©contractuelle que les prĂȘteurs seront tenus de fournir Ă leurs clients dans le cas de dĂ©couverts.
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La chasse au surendettement
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Lâune des prioritĂ©s est aussi de protĂ©ger le consommateur contre l’endettement excessif. L’information fournie par le prĂȘteur devra permettre au souscripteur de prendre une dĂ©cision responsable. Le prĂȘteur devra en plus Ă©valuer la solvabilitĂ© du consommateur avant de conclure le contrat de crĂ©dit. Lorsqu’une lĂ©gislation prĂ©voyant des mesures similaires existe dĂ©jĂ dans un Ătat membre, ce mĂ©canisme sera prĂ©servĂ©. Dans d’autres cas, il devra ĂȘtre mis en place.
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Dans le cas de crĂ©dits transfrontaliers, des bases de donnĂ©es accessibles aux banques des autres Etats membres permettront de rĂ©pondre Ă cette obligation. Si le rejet du crĂ©dit rĂ©sulte de la consultation d’une base de donnĂ©es, le consommateur devra en ĂȘtre informĂ© “sans dĂ©lai et sans frais”. Dans ce cas, le consommateur pourra vĂ©rifier et corriger toute donnĂ©e erronĂ©e.
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Le droit au remboursement anticipé et à la rétractation
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La nouvelle directive accorde aussi au consommateur le droit de remboursement anticipĂ© du crĂ©dit et prĂ©cise les rĂšgles selon lesquelles le prĂȘteur peut calculer les compensations qu’il demandera au client.
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La question des modalitĂ©s de la compensation des banques Ă la charge du client en cas de remboursement anticipĂ© des prĂȘts (article 16 de la directive) a Ă©tĂ©, jusqu’au dernier moment, la pierre d’achoppement des nĂ©gociations entre le Conseil et le Parlement europĂ©en, d’une part, et entre les groupes politiques au sein du Parlement europĂ©en, d’autre part.
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La nouvelle directive donne aux consommateurs le droit de rembourser les prĂȘts de maniĂšre anticipĂ©e. De mĂȘme, le prĂȘteur aura Ă©galement le droit de demander une indemnitĂ© “Ă©quitable et objectivement justifiĂ©e” Ă condition que le remboursement intervienne pendant une pĂ©riode Ă taux fixe. L’indemnitĂ©, ne pourra dĂ©passer 1% du montant du crĂ©dit faisant l’objet d’un remboursement anticipĂ© (0,5 % si le remboursement intervient avant douze mois). La directive dĂ©finit Ă©galement des situations oĂč aucune indemnisation ne peut ĂȘtre rĂ©clamĂ©e. Le texte de compromis adoptĂ© permet aussi aux Etats membres de prĂ©voir que le crĂ©ancier puisse, Ă titre exceptionnel demander une indemnisation plus Ă©levĂ©e. Cela pourra se produire si la banque est en mesure de prouver que la perte subie du fait du remboursement anticipĂ© dĂ©passe le montant maximal de base dĂ©fini dans la directive. La mĂ©thode harmonisĂ©e de calcul de la perte est Ă©galement prĂ©cisĂ©e dans le texte.
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Le montant de l’indemnisation ne devra pas dĂ©passer le montant d’intĂ©rĂȘt que le client aurait payĂ© si la durĂ©e du prĂȘt n’avait pas Ă©tĂ© rĂ©duite.
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Un droit de rĂ©tractation de 14 jours sera Ă©galement applicable dans toute l’UE. Mais les dĂ©putĂ©s ont prĂ©cisĂ© que les contrats de crĂ©dits pourraient rĂ©duire cette pĂ©riode Ă 3 jours “Ă la demande expresse du consommateur”.
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Les prochaines étapes
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La directive adoptĂ©e par le Parlement europĂ©en doit encore ĂȘtre formellement adoptĂ©e par le Conseil et entrera en vigueur le vingtiĂšme jour suivant le jour de sa publication au Journal officiel de l’Union europĂ©enne. Les Ătats membres auront deux ans Ă compter de la date de l’entrĂ©e en vigueur de cette directive pour la transposer. La Commission devra procĂ©der tous les cinq ans Ă une rĂ©vision des seuils prĂ©vus dans la directive et ses annexes et des taux utilisĂ©s pour calculer les indemnitĂ©s payables en cas de remboursement anticipĂ©.
Source : communiqué de presse Parlement Européen