Livret A : à contexte exceptionnel, calcul de taux exceptionnel !
La ministre de l’Economie Christine Lagarde a expliqué ce matin sur RMC que le calcul du taux du Livret A devra tenir compte du contexte financier exceptionnel du moment. Autrement dit, il pourrait s’écarter de la formule classique et dépolitisée en vigueur depuis 2003.
Selon la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, interrogée ce matin par RMC, il va falloir tenir compte du “caractère un peu exceptionnel” du contexte financier actuel pour fixer le nouveau taux de rémunération du Livret A valable à partir du 1e février prochain. En effet, le contexte est quelque peu chahuté en ce moment puisque l’inflation est soutenue et que dans le même temps, l’indice du coût de l’argent à court terme (Euribor 3 mois) est en forte hausse.
Sachant que depuis 2003 le taux du Livret A (et globalement de toute l’épargne réglementée) est fixé à partir de la moyenne de ces deux indices financiers majorée de 0.25 point, la hausse “automatique” du taux pourrait atteindre des sommets en février prochain. Certains experts l’ont ainsi estimé à près de 4%. Avant 2003, le taux était fixé par la seule volonté du gouverment au regard des besoins et des impératifs politiques du moment.
Selon Christine Lagarde : “Ca, c’est la formule mathématique qui permet à la Banque de France de nous faire une recommandation. Ils doivent aussi tenir compte de tout ce qui a un caractère un peu exceptionnel. Et aujourd’hui on s’aperçoit que les courbes d’intérêt manifestent des caractéristiques assez particulières qui devront éclairer le gouverneur de la Banque de France dans sa recommandation” a estimé la ministre de l’Economie. Autrement dit à mot couvert, si la Banque de France estime que le taux du Livret A doit être maintenu dans une fourchette raisonnable, il se pourrait que le gouvernement abandonne provisoirement le calcul “apolitique” en vigueur depuis 2003.
Avant de statuer définitivement sur ce point, Christine Lagarde a déclaré vouloir attendre la “publication des indices d’inflation à la fin de l’année 2007″. Les recommandations du gouverneur de la Banque de France qui sont attendues vers la mi-janvier découleront de ces derniers chiffres officiels.